La nouvelle vie du Centre Culturel de Nivelles

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Logo Nivelles CapitalNivelles Capital - Urban magazine - Numéro 50 - Juin 2010 - LUC PIELTAIN

Page de garde magazine Nivelles Capital numéro 50

Première saison pour le Centre Culturel de Nivelles, nouvelle mouture.
Pour Isabelle Lohisse, sa Coordinatrice, c’est le baptême du feu.
Nouvelle dynamique. Nouvelle programmation. Nouvelle présentation de la saison.
Nous avons rencontré celle qui a comme lourde de tâche d’ouvrir grandes les ailes de ce projet  d’envergure.

 

NC : Isabelle Lohisse, la culture, c’est votre dada ?

Isabelle Lohisse (photo Nivelles Capital)IL : J’ai un parcours un peu hybride. Je suis née en Afrique. J’ai pas mal voyagé. J’ai toujours été baignée dans un milieu mi-artistique / mi-scientifique.

J’ai suivi des études de droit. Je rêvais de devenir journaliste. Mais le barreau m’a rattrapé. L’aspect social du droit m’a toujours touché. En  parallèle, j’ai fait beaucoup de peinture. A la fin de mes études, j’ai cherché un cabinet d’avocat impliqué dans le droit des artistes, ce que j’ai trouvé. J’ai donc été avocate pendant 9 ans et cela m’a permis de toucher à des matières comme le droit du théâtre et de l’édition. Je me suis également occupé énormément de prodéo, ce qui m’a permis de m’impliquer dans des dossiers plutôt militants.

Je me suis impliqué dans des secteurs comme la défense du statut des prostituées et des transsexuels ou encore l’association des téléspectateurs actifs.

J’ai voulu un jour passer à autre chose. J’ai donc postulé dans les secteurs qui m’attiraient à savoir la culture et le social. Je suis devenue directrice de l’ARAU (l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaine) à Bruxelles. Appréciant le travail en équipe, j’ai travaillé ensuite dans la finance éthique et alternative pendant 5 ans tout en continuant la peinture et les expos.
Après une pose carrière, j’ai postulé dans le domaine de la culture et me voici.

 

NC : Quelle est votre vision générale de la culture ?

IL : Je pense qu’à tous ses stades, la culture doit permettre à tout un chacun de pouvoir s’y
insérer. Pour certain, la culture est un extrême perfectionnisme. Cela se défend tout à fait.
Mais je pense cependant qu’il faut maintenir une culture accessible à tout le monde. C’est un objectif important qui n’est pas toujours facile à gérer. Chaque structure culturelle a de facto une  programmation et un public d’inconditionnels. Le challenge est de pouvoir y insérer doucement des projets de qualité mais ouverts à tous.

 

NC : Quelles sont vos références culturelles personnelles ?

IL : Je suis une grande fan de peinture. C’est un secteur qui me colle à la peau. D’autre part, j’apprécie beaucoup la musique avec une préférence pour l’opéra et le classique ce qui ne m’empêche pas d’adorer la musique française et le rock. Je pense être assez éclectique. J’ai aussi eu la chance de naître dans une famille qui m’a sensibilisé très tôt au théâtre.

 

NC : Quelle est la ligne principale de la nouvelle saison culturelle 2010-2011 ?
IL : La ligne principale peut être résumée en deux mots : « distraction intelligente ». L’une des priorités de la saison est de garantir au public des moments de distraction. Nous y avons travaillé mais nous avons voulu aussi ne pas distraire n’importe comment.
On peut rire pendant un spectacle et on peut avoir envie de se poser des questions sur la vie en sortant. Nous voulons faire plaisir à nos abonnés fidèles mais nous cherchons également à recruter un nouveau public en ouvrant la programmation. Celle-ci propose des spectacles ouverts à tous les âges et à tous types de public. Il n’y a pas encore trop de risques culturels.

 

NC : Pas de grosses prises de risque en programmation mais tout de même des spectacles qui  bousculent comme « Regarde Maman, je danse » …

IL : C’est un réel coup de coeur. Ce spectacle est une vraie réflexion sur la différence,… cette
différence qui peut effrayer certains et pas d’autres. Je trouve que l’actrice aborde sa vie de manière drôle, émouvante surtout très pragmatique. Le spectateur est confronté à sa propre vision des transsexuels. On ne peut pas en sortir indemne. Cette pièce est peut-être celle qui traduit au mieux ma vision du théâtre. C’est une pièce qui  interpelle.

 

NC : La nouvelle saison développe des rendez-vous participatifs comme les « lunchs, midi trente ! » ou « les conférences –débats ». C’est une volonté de plus d’interaction avec le public ?

IL : Je pense que la culture doit impérativement être participative. Le Centre Culturel doit affirmer
son identité propre. Il doit être responsable de ses choix et de ses actes. Mais ce lieu doit être ouvert à tous et doit pouvoir accueillir tous les projets spontanés. Je ne garantis pas la réalisation de tout ceux-ci, notre enveloppe budgétaire n’est pas extensible. Mais nous recevrons avec plaisir toutes idées originales et nous les étudierons ou les soutiendrons. Nous voulons maintenir la qualité culturelle mais nous nous voulons ouverts.
Nous organisons depuis peu des déjeuners afin que les Nivellois puissent se rencontrer et partager
leurs projets. Qu’on soit 5 ou que l’on soit 20, c’est déjà réussi.

 

NC : Qu’est ce qui vous surprend en matière de culture ?

IL : Ce que me surprend le plus, c’est que la culture arrive par des chemins détournés. En peinture, j’ai toujours été surprise par l’art brut. Cela démarre avec des gens dits hors normes et qui nous font découvrir des choses souvent somptueuses et très touchantes alors qu’elles ne naissent pas d’une formation académique.
C’est la magie de la différence. Je trouve cela très émouvant et très captivant.

 

NC : Quelle est la dernière expérience culturelle qui vous ait émue ?

IL : Cela peut surprendre mais j’ai été très touchée par cette exposition Collection Canvas de la RTBF. Son mélange au niveau des communautés est très intéressant. J’ai trouvé que le fil conducteur était très fort malgré l’éclectisme des oeuvres. (www.rtbf.be/lacollection). J’ai aussi beaucoup apprécié un spectacle joué au Théâtre du Méridien, La Boîte aux Coquillages. C’est un sujet sombre qui ma fait beaucoup réfléchir.

 

NC : Après 8 mois de travail, quelle est votre première conclusion ?

IL : Je voudrais souligner le travail de l’équipe.
On ne peut rien faire seul. C’est un grand bonheur de voir tous ces projets différents déjà mis sur pied. Et ce n’est qu’un début. Bravo à tous.

 

Luc Pieltain
Toutes les informations sur la nouvelle saison culturelle 2010 – 2011 : www.centrecultureldenivelles.be